vendredi 26 septembre 2008

Les Russes ne croient plus la version bushienne du 11 septembre


Le public russe a bien compris le message que lui ont adressé implicitement ses dirigeants. Jeudi 11 septembre 2008, les téléspectateurs qui regardaient le journal télévisé de la première chaîne ont vu le Premier ministre Vladimir Poutine expliquer qu’il y aurait un avant et un après guerre d’Ossètie ; que cet événement mettait fin à la collaboration russo-états-unienne dans la Guerre globale au terrorisme et ouvrait une ère nouvelle d’affirmation des intérêts russes.

Le lendemain 12 septembre, le journal télévisé présentait le président Dmitry Medvedev intervenant devant un panel d’experts de politique étrangère. Développant les propos de la veille, il soulignait que le 8 août (date de l’invasion géorgienne de l’Ossètie du Sud) était pour le peuple russe l’équivalent du 11 septembre pour le peuple états-unien. Puis, il rappelait les mensonges de la propagande US sur l’Ossètie et laissait à ses interlocuteurs le soin de poursuivre le parallèle à propos de la version US des attentats du 11 septembre 2001.

Pour ceux qui n’auraient pas compris l’allusion, le journal télévisé était suivi d’une soirée spéciale au cours de laquelle furent présentés et débattus les principaux mensonges de l’administration Bush sur les attentats de New York et de Washington. Avec une évidente gourmandise, le présentateur ne manqua pas de souligner que les télévisions occidentales n’avaient pas eu la liberté de diffuser le documentaire de l’eurodéputé Giulietto Chiesa —projeté ce soir là en prime-time—, ni de programmer des débats avec le dissident Thierry Meyssan, non seulement interdit d’antenne, mais contraint à l’exil.

Parmi les différentes interventions, certaines sonnaient comme des avertissements destinés aux Etats-Unis. Ainsi, ce cosmonaute présent dans la station spatiale internationale lors des attentats, qui relata avoir pris de nombreux clichés depuis l’espace et les avoir transmis, selon la procédure, à la fois à Houston et à Moscou où il furent « étudiés en détail ».

Réseau voltaire

Posté par seblinux89 à 21:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


mercredi 23 juillet 2008

Va-t-on vers une nouvelle crise des missiles entre Washington et Moscou?

Un bombardier Tupolev TU-160 au salon d’aviation MAKS-2007 à Zhukovsky vers Moscou

REUTERS/Denis Sinyakov   ¦ Un bombardier Tupolev TU-160 au salon d’aviation MAKS-2007 à Zhukovsky vers Moscou

 

La Russie pourrait envoyer ses bombardiers, capables de transporter des armes nucléaires à Cuba, selon le quotidien «Izvestia», proche du Kremlin, réveillant le souvenir de la crise des missiles de Cuba de 1962. Le point sur la situation.

Rumeurs ou vraie info?
Une «source militaire et politique» aurait confirmé, à l’agence russe Interfax, que des bombardiers stratégiques russes pourraient faire escale à Cuba pour se ravitailler lors de patrouilles au-dessus de l’Atlantique, ajoutant que des spécialistes russes avaient déjà effectué une mission de reconnaissance. Mais il n’a pas précisé si la Russie allait rouvrir une base à Cuba ou utiliser une base cubaine pour ses escales. Un porte-parole du ministère russe de la Défense a refusé tout commentaire à ce sujet, sans réfuter l’information. La Maison Blanche a également refusé de commenter ces informations.

Quelles peuvent être les raisons derrière une telle annonce?
«Pendant qu’ils déploient le bouclier anti-missiles en Pologne et en République Tchèque, nos bombardiers stratégiques seront déjà entrain d’atterrir à Cuba», a affirmé cette source. Le déploiement de bombardiers serait donc une réponse à la décision d’installer des boucliers anti-missiles américains en Europe de l’Est, l’un des principaux facteurs de tensions entre Washington et Moscou, qui y voit une menace directe.

Les bombardiers stratégiques, qu’est-ce que c’est?
Les Tupolev (Tu-160 et Tu-95) peuvent transporter des bombes nucléaires et peuvent déjà techniquement patrouiller près des côtes américaines à partir des bases russes. Longtemps mis au placard, ils ont repris leurs vols en 2002 après une décision du Président de l’époque, Vladimir Poutine. Ils ont d’ailleurs survolé un porte-avion américain dans l’Océan Pacifique en début d’année.

Y a-t-il un risque d’escalade?
Certains experts russes ont rejeté le risque d’une nouvelle crise des missiles. Un spécialiste militaire indépendant, Alexander Golts, a déclaré au «Washington Post» que ce n’était qu’une «stupide guerre psychologique. Poutine et Medvedev sont très agressifs dans leurs paroles mais très prudents en pratique.»
Les Américains prennent pourtant ces rumeurs très au sérieux. Le nouveau chef d’Etat-major de l’Armée de l’Air a d’ailleurs indiqué qu’une telle décision reviendrait à franchire «une ligne rouge pour les Etats-Unis».

La crise des missiles de Cuba de 1962
Ces informations rappellent la crise de 1962, en pleine guerre froide, quand les Etats-Unis et l’Union Soviétique ont été pendant 12 jours au bord d’une guerre atomique après le déploiement de missiles nucléaires soviétiques à Cuba. Au final, l’URSS a accepté de retirer ses missiles en échange de la promesse secrète des Etats-Unis de retirer leurs missiles basés en Turquie. Vladimir Poutine a d’ailleurs souvent utilisé la menace d’une nouvelle crise des missiles pour faire monter l’opposition contre le bouclier anti-missile.

                                                       

REUTERS/Denis Sinyakov   ¦ Un bombardier Tupolev TU-160 au salon d’aviation MAKS-2007 à Zhukovsky vers Moscou                    

                  
Kéthévane Gorjestani

Source 20Minutes.fr          

                  

 
                        20Minutes.fr, éditions du 23/07/2008 - 15h55                  

Posté par seblinux89 à 20:40 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,